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Votre lecture bonne humeur pour l'été. ITINÉRAIRE D'UN JEUNE-HOMME. En amour, il faut se mettre à sa place de l'autre pour le comprendre. Tentez l'Aventure via ce livre léger et profond. À lire aussi, the best : ARALDUS.

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Les polars et thrillers

SOUVENIRS, DE 1950 À 2000

JeF Pissard

couverture du livre SOUVENIRS, DE 1950 À 2000


À compter du 1er juin 2019, je jette ici des séquences souvenirs de ma vie, dans l'intention d'en faire un livre quand les pages seront remplies. Ces souvenirs vont courir sur la seconde moitié du XXe siècle.

Séquence 6
LE MARTINET

Ah purée, ce que j'ai pu souffrir quand j'étais petit ; mais qu'est-ce ça mettait de l'ambiance ! LES PUNITIONS. À la maison quand on faisait le zouave, y'avait l'arme de dissuasion nucléaire. Le martinet. L'instrument en bois et cuir, de 10 à 12 lanières, je le sais : je les ai coupées une à une aux ciseaux. C'était dur à faire. Et dur de se prendre le retour de bâton ! Et ç'a servi à rien, car ma mère en a acheté un autre. J'ai dû m'en prendre quelques coups sur les cuisses, mais assez peu finalement. Car la force de cet engin était d'être brandi, avec cette phrase claquante : « Si t'arrêtes pas tout de suite, t'en prends un coup ! » Comme j'étais pour la paix, j'arrêtais (et je m'en allais me faire plus discret ailleurs). L'emmerdement, c'est que les bêtises finissent toujours par se remarquer. Pas de violence à la maison. Mon père, qui le tenait certainement de mon grand-père, avait trouvé un truc. Quand je me faisais insupportable, dans la cour, il m'attachait le bout d'un fil de laine à la cheville et l'autre à un arbre, avec cette menace : « Si tu le casses, tu seras puni ! » Sauf ton respect, Papa, c'était déjà être puni que d'être attaché à un arbre. Tu aurais dû dire : « Tu seras doublement puni. ». Mais bref. C'est pas tout.
Qu'est-ce que j'ai aussi souffert à l'école !...
Les maitres avaient une belle panoplie académique de maintien de l’ordre : tirage de petits cheveux sur les tempes | Pinçage de la joue, puis un ou deux mouvements de droite à gauche et vice et versa, PLUS la claque de finition | Présentation des doigts en dôme pour le coup de règle ; que si tu virais les doigts, tu t'en prenais deux | Le célèbre piquet ; avec ou sans bonnet d'âne | Le puni au fond de la classe, tout seul | Le privé de récréation | Plus tard, les colles avec des rédactions ||| Tiens, à ce sujet, je me souviens de cette colle dissertante que M. Lecroux m'avait filé sur je ne sais plus quel thème. Et quand je lui avais rendue, j'avais senti de l'intérêt chez Lecroux pion. C'est peut-être de là que m'est venue ma vocation écrivante...

Séquence 5
LE PIQUE-NIQUE LE DIMANCHE

Le meilleur des jours de la semaine, c'est le dimanche. Parce que l'été, quand il fait magnifique, avec mes parents ma sœur, tonton tata et le cousin de notre âge on s'en va faire le pique-nique au bord de l'eau. Ça se prépare bien avant. Les adultes des deux familles conciliabulent pour savoir qui emmènent quoi dans les deux paniers. Plutôt plus que moins. Toujours. Puis c'est le rendez-vous à l'une ou l'autre maison. Excitation ! Le bonjour enfiévré. Et départ des deux titines pour le paradis.
La dernière fois c'était l'ancien champ de tir avec des familles tout autour et des cages de foot au milieu. Rapidement, dans l'aprèm', tout le monde jouait au foot.
Cette fois, les titines nous emportent vers cette prairie boisée, avec la rivière au court lent se trainant entre ses berges. Ce qui est chiant pour nous les gosses, c'est qu'il faut aider à porter quelque chose, des compléments de paniers, des parasols... alors qu'on a autre chose à foutre : commencer à jouer.
Ça y est, on se débarrasse de tout, et courses partout à fond les gamelles ! Les parents installent les couvertures qui grattent. Montent les parasols, mettent les paniers à l'ombre, attachent les bouteilles par le goulot avec des fines cordes et vont les plonger dans l'eau en les arrimant à des racines.
Après nos galopades, équilibre sur les mains, la roue, le poirier, jeu de gendarmes et de voleurs, chat perché, les premières sueurs et des volées de cris saturant les tympans de nos parents, et des gens autours ayant eux-mêmes des enfants faisant pareil, c'est l'appel pour le début du pique-nique assis sur la couverture avec le mal au cul et sans savoir exactement comment se mettre les canes.
On fait comme on peut et on savoure. Faut dire qu'ils ont fait fort, les parents. Menu 5 étoiles. Saucisson beurre, pâté cornichons, poulet froid moutarde, chips ordinaires et gaufrées, salade de fruits, pschitt qui pique le nez... Robuchon n'aurait pas fait mieux !
Ensuite, nous les gosses, on veut aller se baquer. Sauf que pas question ! Il faut attendre 3 heures de digestion. Pas 2 heures 59. Non, 3 heures. C'est la norme à l'époque et faut dire que l'eau est fraiche. Alors, en attendant, pendant que les parents bavardent et somnolent, nous on s'occupe. On joue aux boules en plastique, au croquet, au badminton, aux raquettes contre la balle élastiquée arrimée à un socle en bois... Ç'est dur et ça dure. Heureusement, les parents nous ont tartinés de crème solaire, car ça tape.
Tiens, ça s'active autour de nous. Les familles se planquent sous des serviettes poncho pour se déloquer et enfiler les maillots. Beaux maillots, ma foi, très échancrés et distendus avec, pour nous les mecs, une poche kangourou pouvant accueillir plusieurs habitants. Fière allure !
Mais soudain, Alerte !!! Dans le courant lent de la rivière, mon père repère un homme à plat dos dérivant la tête la première. Il ne bouge pas. Papa lui lance, très en stress : « Besoin d'aide ? » Pas de réponse. Une deuxième fois. Une dernière. Rien ! Papa s'urge à se dépoiler du principal. Le type réagit alors et dit qu'il fait la planche. Putain, il nous fait peur, ce con !
Et maintenant pour nous tous, c'est l'heure. Tous à la flotte sur une berge aménagée avec le matos. Chambre à air de voiture. Et grand luxe, s'il vous plait, chambre à air de camion. Mais avant, faut pomper. Ensuite on passe au moins deux heures dans la baille à tout faire, absolument tout...
Nageoter, s'arroser, faire des bombes, plonger, se mettre le corps à l'envers les jambes en l'air, se passer entre les jambes, faire boire la tasse à ma sœur qui pleure, et le plus rigolo : faire pipi dans l'eau.
Fourbus, rincés, de l'eau dans le nez, les yeux qui piquent, un peu froid, la peau fripée, les parents nous rappellent pour le quatre-heures. On t'a une de ces dalles ! Et pis merde, d'un coup, l'accident bête, une guêpe qui me pique. Mais maman sait faire. Elle s'isole derrière un buisson, fait pipi sur un mouchoir et me l'applique sur le bras. Il parait que ça guérit bien. C'est vrai que je n'y pense plus rapidement. Le soir, dans le lit, je me refais le film de la journée et je le poursuis en rêve.

Séquence 4
LA TOILETTE AU ROBINET DANS LA CUISINE

Quand j'étais petit, on se lavait tous les jours, mais pas comme maintenant. Pas de baignoire ni de douche chez nous, mais y'avait le robinet de la cuisine. Alors tous les matins, ou souvent la veille au soir, on y allait du gant de toilette à l'eau froide sur tout le corps, « Et surtout les fesses » insistait ma mère ». À poil dans la cuisine, ça astiquait. Et le samedi, cher/es ami/es, c'était le grand luxe ! On sortait la grande bassine en fer, ma mère versait de l'eau froide avec le broc et complétait avec de l'eau chauffée sur la gazinière. Toilette-bain pour ma sa sœur et moi, à tour de rôle. Quand le premier terminait, ma mère virait les résidus d'eau savonneuse surnageant, avec une louche, faisait un rajout d'eau chaude et c'était reparti. L'eau des bains servait ensuite à arroser les parterres de fleurs dans la cour.

L'été, on se mettait dehors. Et en plus de la bassine-baignoire, on avait la douche, eh oui ! Les parents tenaient l'arrosoir au-dessus de nos têtes, déversant des jets d'eau de la pomme d''happy'. Adjoint au shampoing qui nous dégoulinait de la tête, l'eau nous piquait les yeux, et nos larges sourires découvraient notre denture trouée de dents de lait et de dents d'adulte pas encore poussées. Le dimanche, on allait aussi se baquer dans la buanderie. On remplissait les bacs à linge en ciment et on faisait trempette-toilette dedans. Dès fois aussi, on se lavait dehors au jet, et on aimait tellement que souvent ça dégénérait : « Bon Dieu de drôles ! » devaient pester les parents.

Le jeudi ou le dimanche, on allait chez mes grands-parents qui habitaient à un bon 3 kilomètres de chez nous ; avec 2 côtes et la franchissement d'un pont métallique enjambant une rivière. On y allait à pied, et parfois on séquençait en poussette. Arrivés sur place, on faisait les cons toute la fin de matinée et l'après-midi avec les chenapans du coin. C'est lessivés qu'il fallait penser à rentrer ; c'est la cas de la dire, car grande toilette avant de repartir. Devant l'assistance, car y'avait toujours du monde, ma mère nous faisait monter debout sur la table et nous gant-de-toilettait entièrement. Pas dérangé, jusqu'au jour où prenant conscience de mon corps, plus d'accord pour qu'on voit mon asticot ! Rhabillage, et tout frais tout neuf, c'était reparti pour le bon 3 kilomètres de retour. On dormait bien.

De la toilette, je garde le souvenir, du gant de toilette un peu rêche, et aussi de la serviette. Y'avait pas de machine à laver et pas d'adoucissant forcément. Mais pas si rêche quand même la serviette et le gant car mis à sécher sur l'étendoir dehors au soleil, et ça produisait un je ne sais pas petit quelque chose de doux et d'agréable à l'odeur. Anecdote parenthèse, sur l'étendoir mon jeune cousin vit des serviettes périodiques en tissus qui séchaient et demanda « – C'est quoi ça Grand-mère ? | – Euh, des cache-cols ! ». Sinon, la toilette se faisait au savon de Marseille, forcément. Et ensuite, on se faisait frictionner à l'eau de Cologne. Quelle bonne odeur ! Pour ponctuer en beauté la préparation du petit que j'étais, coup de peigne vigoureux sur mes cheveux courts, avec la raie sur le côté évidemment.

Séquence 3
LES CABINETS AU FOND DE LA COUR

Dans mes années 1960 jusqu'au début 1970 où j'ai déménagé dans une maison plus moderne, j'ai ces souvenirs de nos cabinets au fond de la cour pour les commissions. La petite, la nuit, on la faisait dans le gros sot en faïence recouvert d'un couvercle. Et le jour et le soir, c'était tout à fait au fond de la cour. Accolé à un étroit bâtiment de débarras, il y avait celui des cabinets. Le tout en pierre et entretenu. N'empêche qu'il se trouvait à distance de l'habitation, dans les trente à quarante mètres, en lisière du jardin, et il y avait des habitants. Y aller la journée ne posait pas de problème, mais le soir ça me fichait la trouille. Fallait traverser la cour dans l'obscurité, y avait le jardin tout noir derrière, et quand t'es petit t'imagines des trucs. Pour ne pas arranger les choses, un soir mon père en revient, tout chose parce que la culotte sur les chevilles, un des habitants, une souris, lui est rentrée dans la jambe de pantalon ! De quoi se tortiller et couler un bronze biscornu ! Quand t'avais fini, tu tirais une des feuilles de papier journal prises dans un crochet et tu te graissais les fesses avec, car on peut pas dire que ça essuyait bien. Au passage, j'ai une pensée émue et j'adresse mes remerciements aux journalistes de l'époque qui ont écrit pour mon cul. La lune noire, j'imagine, car pas assez souple pour regarder, quand t'avais complètement fini, t'actionnais la manette d'ouverture du clapet de fond pour le grand saut dans la fosse. Pour bien terminer le travail, t'attrapais le broc à côté, tu versais de l'eau et tu balais-chiottais...

Dans la continuité, il me reste très présent à l'esprit ces gros camions vidangeurs qui stationnaient devant les maisons, dans une belle odeur ambiante de parfum du corps, pendant que de gros tuyaux caoutchouc déroulés jusqu'aux fosses pompaient pompaient comme les Shadoks. Mon imagination d'enfant courait alors avec l'image de ces camions sillonnant les rues et avec cette interrogation... Mais qu'en font-ils ensuite ?

Quand j'étais petit, on dormait à quatre dans la chambre : mes parents dans le grand lit, et ma sœur et moi dans l'autre lit. Quand envie de pipi la nuit, on le faisait dans un saut en faïence posé le long de l'armoire. Toujours à la même place. Une nuit, mes parents allumèrent la lumière en catastrophe à l'écoute d'un bruit reconnaissable. Il avait déplacé le pot, et moi très endormi, je pissais le long de l'armoire !!!

Un autre souvenir de ma petite enfance. Mon grand-père a invité toute la famille dans un restaurant de campagne où l'on mange super-bien. Forcément, à un moment, mon cousin et moi avons eu besoin d'aller aux cabinets. Et là, ça s'est passé dans les cabinets du fond du jardin : la culotte baissée, tous les deux, assis sur une planche percée de deux trous, côte à côte...

Autres temps, juste avant, et autres circonstances... Mon oncle Maurice Mansaud a écrit ses mémoires (1) dont le début narre ses années de captivité en camps de travail en Allemagne. Pour les chiottes, voilà comment ça se passait :

« Les feuillées, grandes tranchées très longues pour contenir les selles de 2 500 hommes, avec des poutres en fer en travers pour délimiter les emplacements, il est souvent le lieu de nos réunions. Au début, ce n'est pas marrant de se retrouver le cul à l’air pour chier tous en commun, puis question d'habitude on s’y fait comme pour la promiscuité dans les baraques, il n'y a pas de mauvais caractère, il est resté à la porte du camp, il n'y a qu'une grande camaraderie entre nous, solidarité de tous. »

« Les feuillées sont l’occupation du dimanche. Quand elles sont pleines, faut mettre du chlore, reboucher la tranchée et en creuser une autre ailleurs. Ça se remplit vite, non par le produit de ce que nous mangeons, mais par le nombre que nous sommes. Le dimanche, c'est le folklore que de se mettre le cul à l'air, on s’y retrouve plusieurs pour discuter quand il fait beau, moi la promiscuité ne me gêne pas, rue de la Roche où j'habite à Poitiers, nous avions une planche à deux trous même si c'était rare d'y aller avec un autre. »

(1) 'Adjudant Maurice Mansaud, Ma vie de prisonnier et de militaire en Allemagne, Indochine, Égypte, Algérie', Éditions numériques Jerkbook.

Séquence 2
LE TÉLÉPHONE À LA POSTE EN CABINE

Dans les années 1960, on n'a pas le téléphone à la maison, c'est réservé aux personnes à l'aise et nous nous sommes à l'étroit. Mais parfois, il faut téléphoner ou l'on a envie. Cet été, en vacances, j'ai rencontré une bande d'ados comme moi et on a un peu flirté entre filles et garçons. Les émotions sont éruptives en ces saisons 1 ! En rentrant, il faut absolument que je téléphone à Claudine. Je demande de l'argent à ma mère qui me donne un gros billet (de l'époque) en me disant qu'il y a trop et je dois ramener la grosse et la petite monnaie. Me voilà parti à la poste centrale. La préposée me dit d'attendre qu'une cabine se libère. Il y en a cinq, fermées avec des portes vitrées derrière lesquelles on voit des gens parler comme s'ils étaient seuls au monde. « Mais qu'est-ce qu'ils se racontent ? ». Ça s'impatiente. Une cabine se libère... Mais pas pour moi, celle-là, « Fait chier ». Coup de chaleur. Tiens, à force, y'a une femme toute rouge qui sort et la préposée me fait signe. J'entre, je ferme, et manque de ressortir illico tant il fait chaud et que ça cocotte. Ça puire le gaz carbonique, la sueur, et des subsides de parfums dont le perceptible Brise d'anus. Comme je vais parler à Claudine, je veux parfaitement l'entendre, je ne souhaite pas qu'on m'entende, alors je ne laisse pas la porte entrouverte pour survivre. Maintenant, il s'agit de ne pas s'emmêler les pinceaux dans la valse des numéros à composer sur le cadran qui tourne. Crispation. Il me semble que j'ai réussi. Oui, ça sonne. Mais chez qui ? Chez Claudine, finalement. Si la porte close m'isole du bruit extérieur, par contre la minceur des cloisons et le fait que mes voisins crient plus qu'ils parlent pour prétendument se faire entendre des gens lointains avec qui ils jactent, fait que c'est un sacré chahut autour de moi. C'est la merde ! Va donc parler d'amour dans ces conditions ! À la fin, épuisé par la chaleur, ce raffut, et la tension de cette première conversation amoureuse au téléphone, je ressors en nage et je vais payer à la préposée au comptoir. « Nom de Dieu, j'ai grillé le billet ! Ma mère va gueuler ».

Plus tard, j'ai eu d'autres expériences avec le téléphone. Ces deux-là m'ont marqué... On ne l'avait pas encore à la maison, mais ils l'avaient au café de presqu'en face. Alors on donnait le numéro, et quand de la famille voulait nous parler, le patron, la patronne ou des employés venait nous chercher. C'était quand même sympa comme concept.

Plus tard, un peu avant le portable, j'étais à Paris et j'attendais devant une cabine qu'elle se libère. Le mec qu'était dedans s'éternisait en fumant. À force, il sortit, je rentrais et manquais faire un malaise nirvanesque car le type fumait un bedo. Cool, quand même, t'en veux ?...

Quand j'étais petit, je me prenais à imaginer qu'en 2000, il existerait des sortes de bornes installées dans les rues, et qu'en s'en approchant avec un combiné portable, on pourrait téléphoner...

Séquence 1
LA DEUXIÈME CHAINE DE TÉLÉ

C'était en 1964, je m'en souviens à cause du trouble que ça m'a causé. J'avais 10 ans, et mes parents s'étaient payé ce beau gros poste de télé en noir et blanc. Au début c'était génial de se mettre devant ce gros écran gris bombé et de regarder des actualités, des reportages et des films qu'avant je voyais parfois au ciné de la salle de patronage. J'étais captivé, assis bien calé dans le fauteuil de départ en retraite de mon grand-père. À force, je m'affaissais et c'est complètement avachi que je faisais défiler les heures à regarder l'unique chaine. Heureux gamin que j'étais ! Mais ça s'est compliqué quand, à partir de 1964, ces imbéciles ont ajouté une seconde chaine, toujours en noir et blanc. D'accord, c'était bien, mais c'était aussi très chiant, car fallait se lever du fauteuil pour aller appuyer sur le bouton de changement de chaine. Et à 10 ans, en pleine crise de croissance mais surtout de flemme aigüe, j'avais pas souvent le courage pour ça. Quand t'as pas les jambes, dit le proverbe, faut avoir la tête. Bien qu'en petite voie de remplissage, je me suis mis en danger à me la creuser, pour trouver cette solution, ancêtre de la zapette. J'ai rapproché le fauteuil à distance atteignable de la télé, c'est-à-dire assez près de l'écran ; pas terrible pour les yeux. Et je me suis pris à changer de chaine avec le bout d'un manche à balai que je tenais à l'envers du côté des poils empoussiérés et sales. J'ai survécu ! En 1964, il y a eu un drame à la télé. La présentatrice de Télé Dimanche, Noëlle Noblecourt, s'est fait virer pour avoir montré ses genoux à l'antenne.

L'AUTEUR /E

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JeF Pissard, alias Dominique Léonie, est un écrivain français né en 1954 à Poitiers.
Il exerce professions dans la banque, le social, le journalisme, l’édition.
Il commence à publier des livres en tant qu’auteur professionnel en 1987.
C’est pour la publication de son premier ouvrage alors qu’il est en poste dans une banque qu’il prend le pseudonyme de Dominique Léonie (Dominique son second prénom, et Léonie en hommage à Léon et Léonie ses grands-parents).
Il écrit de nombreuses années sous ce pseudonyme avant de poursuivre sous son patronyme. Pas de ligne directrice pour ses sujets traités, il se laisse entraîner par ceux qui l’intéressent et son sens de la curiosité le fait s’intéresser à bien des sujets. Il écrit tout d’abord depuis sa région de Poitou-Charentes, depuis Paris où il fut établi, sur les rives du lac Léman France Suisse, et actuellement depuis le Midi Pyrénées où il réside, à Pau.
Il est membre de la SGDL.
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