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Les 2 romans JF Pissard : 'L'Éducation conjugale' et '70 Les turbulences d'une époque en province'. Le polar JL Loiret : 'On meurt jamais par hasard'. Le livre D Pascaud : 'Araldus'. Et aussi 'Adjudant M Mansaud', etc...

La collection Essai/e-pour-voir de David Pascaud

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Les polars de J-Luc Loiret

70, LES TURBULENCES D'UNE ÉPOQUE EN PROVINCE, EXTRAIT

couverture du livre 70, LES TURBULENCES D'UNE ÉPOQUE EN PROVINCE, EXTRAIT



« D'ici quelques jours, Noël, sans neige ni froidure.
Michel est à son petit déjeuner dans la cuisine, tandis qu'Arlette s'active dans la salle à manger. Il l'observe par l'entrebâillement de la porte, priant qu'elle ne vienne pas lui faire la parlote. Ce matin, il est en panne de langage.
Madame Olier est la femme de ménage. Elle vient au presbytère deux fois par semaine. Elle a cinquante ans et s'occupe de tout, y compris de colporter les potins. Elle est basse, boulotte, de gros seins et un nez cassé à la manière d'un chef indien de bédé. Ses grosses lunettes à cheval dessus lui font un regard sans âme et ténu. Arlette rapplique et se met à l'évier. A-t-elle fini la salle à manger ou prend-t-elle prétexte de la vaisselle pour amorcer son bavardage habituel ?
- Alors comment va ce matin, avez-vous bien dormi, monsieur l'abbé ?
- Oui très bien merci, madame Olier.
- Moi aussi c'est ce qui me sauve, retourne Arlette, mon Émile ronfle comme une camionnette. Il doit rêver de son travail, il est chauffeur.
Il en sourit d'un petit sourire intérieur.
- Vous me direz que ce ne sont pas mes oignons mais, en ce moment, je vous trouve pâlichon, vous ne seriez pas malade, monsieur l'abbé ?
- Je ne pense pas, je suis juste fatigué.
- Ça m'étonnerait, argue savamment Arlette. Vous n'arriverez pas à m'ôter de la tête que vous avez un petit bout de maladie. Vous grignotez vos tartines sans appétit, je vois que vous êtes triste et sans entrain, vous savez je sais ce que c'est d'être patraque. Quand ça m'arrive je me soigne.
- Vous avez raison, glisse-t-il pour s'échapper, je passerai prendre un remontant chez le pharmacien.
- Vous feriez mieux d'aller voir le docteur. Encore que !, le pharmacien et le docteur, c'est tout comme. Après tout, c'est leur vie privée...
- Pourquoi ? Que font-ils de particulier ?
- Oh rien ! Rien !...
- Je vois bien que vous avez une idée en tête.
- Excusez-moi, je suis forcée de me taire sinon je passerai pour une bavarde.
- Oui je comprends, la joue finement Michel.
Madame Olier ronge son frein à l'évier.
- Bon ! Je vous en dis deux mots, reprend Arlette ; après tout vous pouvez tout entendre en tant que curé. Il paraît que le pharmacien et le docteur, avec leurs femmes, ils se donnent du plaisir.
Michel hausse le regard derrière son dos.
- Au fond, à la pharmacie ils ont ce qu'il faut, pouffe-t-elle avant de lancer, écervelée : sauf que c'est bestial pour des gens bien élevés ; ça ne vous viendrait pas à l'esprit ?
- Madame Olier, dit-il, vous n'avez pas fini ?
- Il me reste votre bol et vos couverts.
Du coup, Michel lui laisse à faire la vaisselle. »

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