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Pour les fous d'aventures : 'Adjudant Mansaud'. Histoire stylée : 'Araldus' (best-seller). Du style again avec : '70 les turbulences d'une époque'. Les polars de Loiret. Dans la coll 'Essai/e pour voir, des trouvailles.

La collection 'Essai/e pour voir'

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Les polars de J-Luc Loiret

ARALDUS, LIRE 1 EXTRAIT

couverture du livre ARALDUS, LIRE 1 EXTRAIT


« Araldus allume une torche. Suivi de Gersinde, il se dirige vers le donjon. Ils traversent la passerelle. Les voilà à présent au pied de la tour. Celle-ci ne possède aucune ouverture au rez-de-chaussée. Le flambeau cherche l’échelle, dévoilant à sa lueur une carapace de bois à la surface irrégulière. Araldus trouve le passage et monte en premier. Au sommet de l’échelle, à cinq mètres du sol, il pousse un battant. L’entrée est tellement basse qu’on y accède à quatre pattes. Il maintient la porte ouverte et siffle Gersinde qui prend le même chemin.

Un fois entrés, ils peuvent se relever. Araldus promène sa torche dans cette pièce du premier étage. Un siège, près d’une fenêtre où s’engouffre un léger vent frais. Un coffre contre lequel est appuyée la lame d’un glaive. Une targe sur le plancher, près de quelques camisoles froissées et d’une pelisse qu’on pourrait confondre, l’espace d’un instant, avec un rongeur. Une trappe, donnant sur l’étage inférieur, entrepôt d’armes, de vivres et de secrets n’appartenant qu’aux soldats.

Une paillasse enfin et sa surface bosselée. Araldus la fixe pendant une poignée de secondes puis s’en détourne brusquement. Sa lumière se dirige vers le centre de la pièce. Une seconde échelle mène au dernier étage de la tour. Décidé, le maître des lieux empoigne un des montants de sa main libre et fait claquer ses semelles de cuir sur les échelons. Gersinde, lentement, presque craintivement, l’imite. Les battements de son cœur se font plus vifs. La peur qu’inspire ce mari autoritaire s’atténue et laisse la place à un émoi grandissant. Peu à peu, le corps s’enfièvre, pris d’une douce exaltation. Elle se trouve dans la partie la plus haute du domaine de son époux, dans un monde entre terre et ciel, immergée dans la nuit. Elle, Gersinde, pénètre enfin ce lieu de puissance guerrière, ce sanctuaire viril.

Araldus a fixé la torche dans une encoche murale cerclée de fer. Un immense drap rembourré de paille et de feuilles sèches sert de matelas à ceux qui, jour après jour, se relayent ici.

Cette paillasse qui assure le court repos de chaque homme de garde accueillera cette nuit les ébats des deux époux. L’air devient froid, il s’infiltre par les ouvertures. Mais les corps brûlent de désir. Gersinde fait glisser sa longue tunique jusqu’à ses chevilles. Sans dire un mot, elle reste debout, immobile, les lèvres un peu tremblantes, le menton encore baissé. Araldus contemple alors les cuisses opulentes, le triangle blond, le ventre prometteur, les épaules plus étroites, les cheveux raides et dorés libérés de la lanière qui les retenait. Il respire fort. Il ôte sa pelisse doublée de fourrure puis sa camisole de lin en les tirant par le haut. Les cheveux ébouriffés, les yeux brillants, il dénoue la cordelette qui tient ses braies. De plus en plus impatient, il arrache nerveusement les chausses de cuir qui lui recouvraient les tibias.

Le seigneur est nu, presque animal face à celle qui porte tous ses espoirs d’éternité.

Gersinde, émoustillée par la musculature trapue d’Araldus, ose lever son regard sur lui ; elle se caresse les hanches, remonte jusqu’aux seins, qu’elle a fermes. Il s’avance. Le sexe dressé émerge d’un amas opaque de poils. Il s’empare des poignets de la femme, plaque sa poitrine blanche contre son torse large et velu. Ils tombent sur la paillasse. Il est sur elle. Il dévore son épouse de baisers qui ressemblent à des grommellements d’ours ou de sangliers. Gersinde étouffe sous la masse remuante d’Araldus, elle halète, étire exagérément son cou sur les côtés ou vers le sommet de son crâne, cherche de l’air.

Tout à coup, une secousse plus forte que les autres accompagne une douleur vive à son bas-ventre. Il est en elle. L'ardeur masculine redouble, le corps suintant roule plus vite sur elle. Des odeurs mêlées de sueur fraîche, de sous-bois et de raisin fermenté pénètrent les narines de la jeune femme. Elle s’accouple avec une force mâle sauvage et impétueuse ; toute la nature, brutale et démoniaque, habite son corps de femme offerte, s’empare de son âme, agite ses membres, révulse l’iris de ses yeux. La souffrance se mue en plaisir ; les vagissements saccadés deviennent des cris prolongés. Dans un tonnerre de froissements de paille, de soupirs rauques, d’éclats de voix, Araldus inonde le ventre. Il se redresse sur ses avant-bras. Sous lui, les cris exaltés de Gersinde sont redevenus des petits gémissements plaintifs et étouffés.

Par une des ouvertures de la tour, le regard d’Araldus se noie dans le noir bleuté d’un firmament sans nuage. Il s’affaisse brusquement, ivre de fatigue. »

Continuez la lecture, 251 pages, 2,99 €, en téléchargeant le livre sur la page Araldus

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