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La sélection générale

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La majorité des livres présentés sont dispo sur les plateformes de vente. Les autres sont en cours de retour suite à un changement de distributeur. Lisez 'Le tour du racisme en 80 textes', en lecture libre sur Jerkbook.

La collection 'Essai/e pour voir'

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Les polars et thrillers

Ô CHÉRI-E TU POUSSES !

Jef Pissard

couverture du livre Ô CHÉRI-E TU POUSSES !


Je suis certain, lectrice lecteur, que t’as déjà vécu une journée de vie de couple comme celle que je décris dans ce petit roman conversationnel de très GRANDE mauvaise foi. Ça commence dès le matin où tu as l’Autre sur le dos, ou sur le dos duquel de laquelle tu es. Ça se poursuit la journée. Le soir. Et même la nuit, avant et après avoir forniqué. Et ça reprend le lendemain. Évidemment, tu pourrais divorcer ! Mais tu le fais pas, parce que finalement, t’aimes bien que l’Autre t’emmerde de la sorte. Amoureusement !...

LES J.O. HOMME ANIMAUX !

Jef Pissard

couverture du livre LES J.O. HOMME ANIMAUX !


Au départ des séries du 100 m course, USAIN BOLT ! Au départ du 100 m nage, FLORENT MANAUDOU ! Parviendront-ils en finale et à quelles places finiront-ils ? Réponse dans quelques instants dans les premières pages du livre...
Les autres disciplines : le 100 m vol, les sauts en longueur et en hauteur, l'épreuve de force, la plongée sous-marine, le temps d'immersion, le vol en altitude, le plongeon de haut vol dans l'eau, le marathon. Vous n'avez pas fini de vibrer !!!
Suivi de grands reportages sur tous ces sportifs animaux, leurs plus grandes capacités et leurs performances. Inédit, jamais vu, vous vous en souviendrez !!!...

LE JOURNAL D'UN FOU

Nikolaï Gogol, Jef Pissard

couverture du livre LE JOURNAL D'UN FOU



À découvrir, redécouvrir, prix découverte.

Cette version séduit, car elle met en scène : un président, Carla, un chanteur, cette principauté du sud...


Voilà une manière très originale et amusante de s'instruire de cette nouvelle de Nikolaï Gogol écrivain russe du XIXe siècle. JeF Pissard revisite le fameux 'Journal d’un Fou' en le transposant dans l’univers politique et people du XXIe. Nous y croisons des dignitaires bien connus entrainés malgré eux dans l’histoire à la fois cocasse et tragique écrite par le personnage principal.

L’ajout de la véritable version écrite par Gogol est...

LE DEGRÉ DE C.

Jef Pissard, Geneviève Ballereau

couverture du livre LE DEGRÉ DE C.


À l'achat du plus petit appareil d'utilisation courante, il est fournit une notice détaillée de fonctionnement. Et à Nous, Humain, quand on naît et plus tard, on ne donne jamais rien !!! C'est pourquoi, en première mondiale (vraiment), on vous propose ce très sérieux ouvrage facile à lire...

Voici un livre de méthode d’évaluation permettant de véritablement déterminer votre degré de sottise, et ainsi de vous améliorer dans l’appréhension des principales situations de la vie quotidienne. Pour y parvenir facilement, il est évoqué 50 questionnements au travers de 8 thèmes. De courts textes d’aide à la réflexion acco...

GRATUIT, LE TOUR DU RACISME EN 80 TEXTES

Des Auteurs Du Monde Contre Le Racisme

couverture du livre GRATUIT, LE TOUR DU RACISME EN 80 TEXTES


 
LE TOUR DU RACISME EN 80 TEXTES
connus, inconnus, inédits, écrits pour la circonstance
 
 
 Texte 80 
- Il y a cinq continents.
- Je ne suis pas doué.
- Pour quoi ?
- Pour les divisions.
Eugène Guillevic, poète breton, 1907-1997. Il signa tous ses textes de son seul nom. Sympathisant communiste depuis la guerre d’Espagne, il participa ensuite à la Résistance et fut membre du Parti communiste français. Dans ces textes il ne cessa de protester contre tout ce qui avilit l’homme et exprima l’espoir d’un monde meilleur.
 
 Texte 79 
Un jour en noir.
Ce matin, quand il m’a regardé,
j’ai vu à quel point j’étais noir,
sans que je puisse entrevoir
une raison précise à cela.
Mais toute la journée je me suis senti noir et misérable.
Il n’y avait aucun doute :
ce que j’ai senti le matin en sortant de chez moi
est resté toute la journée sur mon visage.
Son regard a réussi à me remplir de rage et de honte ;
la journée fut rien moins que sinistre,
Demain je trouverai le mot,
pour lui rendre la pareille.
Raymond Patterson. Né à New York en 1929, il a étudié à en Pennsylvanie, à New York et est devenu professeur d’anglais. Il a écrit des poèmes et des nouvelles évoquant souvent le sort des Noirs aux États-Unis. Celui-ci a été écrit en 1958. (Traduction de Gilles Manceron, New sun of poetry from the negro world).
 
Texte 78 
Au loin.
J’ai regardé au loin
J’ai vu quelque chose qui bougeait
Je me suis approché
J’ai vu un animal
Je me suis encore approché
J’ai vu un homme
Je me suis encore approché
Et j’ai vu que c’était mon frère.
↪|Proverbe tibétain. Le Tibet est le plateau habité le plus élevé du monde, avec 4 900 m d’altitude moyenne. Sa superficie est d’une à deux fois la France selon qu’il en soit de la Région autonome du Tibet ou du 'Tibet historique' ou 'Grand Tibet'. La capitale historique qui, traditionnellement, concentre l’autorité religieuse et temporelle du Tibet, est Lhassa. Les Tibétains sont 6 millions en République populaire de Chine, parlent un des trois dialectes du Tibet, une langue de la famille tibéto-birmane, et pratiquent majoritairement le bouddhisme tibétain.

 Texte 77 
– Tu sais quelle est la meilleure chose au monde ?
– C’est laquelle, ma tante ?
– Devine…
– La femme… ?
– Non.
– La cachaça*… ? (eau-de-vie)
– Non.
– La feijoada**… ? (plat brésilien)
– Tu ne sais pas ce que c’est… ?
– … C’est le cheval. S’il n’y avait pas le cheval, le Blanc monterait le Noir.
 
Jorge Amado, 1912-2001. Extrait de son roman 'Suor' publié en 1934. Le style lapidaire et dépouillé de la prose de cet écrivain brésilien est proche de la poésie. (Traduction de Alice Raillard. Suor).
 
 Texte 76
Quand ils sont venus
chercher les communistes
Je n’ai rien dit
Je n’étais pas communiste
Quand ils sont venus
chercher les syndicalistes
Je n’ai rien dit
Je n’étais pas syndicaliste
Quand ils sont venus
chercher les juifs
Je n’ai rien dit
Je n’étais pas juif
Quand ils sont venus
chercher les catholiques
Je n’ai rien dit
Je n’étais pas catholique
Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait plus personne pour
protester.
Martin Niemöller. Ce poème, écrit à Dachau, est attribué à Martin Niemöller, 1892-1984. Emil Gustav Friedrich Martin Niemöller est un pasteur théologien allemand, créateur de l’Église confessante.
 
Texte 75
Partout des ponts.
Pour creuser un fossé suffit la force
Lancer un pont est un vrai travail d’amour,
de patience et de volonté.
Il faut de nouveaux ponts de mots
pour traverser les couleurs de la peau,
les intérêts, les désirs divergents.
Des ponts solides pour franchir
les fleuves de la méfiance séculaire,
les vallées de la peur, de l’égoïsme,
les abimes des préjugés.
Des ponts aussi
pour rendre visite aux voisins
se promener ensemble à la belle saison.
Pour l’amitié. Pour le dialogue.
Des ponts,
partout des ponts.
 
Armand Monjo, 1913-1998, est combattant de la résistance dans les maquis pendant la guerre. Il devient professeur d’italien à Paris, traduit de nombreux poètes italiens et publie une anthologie remarquée de la poésie italienne. Humaniste engagé, hédoniste, il transcrit dans sa poésie une grande fraternité. Sa poésie, subtile et pleine de saveurs est porteuse d’espoir. On dit de lui qu’il est 'un inlassable colporteur de lumière'.
 
  Texte 74 
L’autre.
L’autre, la femme ou l’homme, de la même espèce que moi, et pourtant différent, comment le regarder ? Comment me comporter face à lui ?
Si je vois en lui un ennemi qui me menace, qui me fait peur, je ne songe qu’à me défendre contre lui, et pour mieux me défendre, à l’attaquer. C’est cela le racisme.
Si je vois en lui un obstacle qui gêne ma progression, je ne cherche qu’à le dépasser, à l’éliminer. C’est cela la compétition qui transforme la vie de chacun en une suite de batailles parfois gagnées, en guerre toujours perdue.
Pour être réaliste, je dois voir en l’autre une source qui contribuera à ma propre construction. Car je suis les liens que je tisse ; me priver d’échanges c’est m’appauvrir. Le comprendre c’est participer à l’Humanitude.
La poésie est le plus mystérieux et parfois le plus efficace moyen d’échange. Les poèmes sont des sources convergentes apportant au lecteur la douceur de l’eau et la violence du torrent.
 
Albert Jacquard, 1925-2013, est un chercheur et essayiste français. Spécialiste de génétique des populations, il a été directeur de recherches à l’Institut national d’études démographiques et membre du Comité consultatif national d’éthique.
 
  Texte 73   
Le racisme expliqué aux lecteurs du journal Le Monde.
Au commencement, la xénophobie : l’étranger n’est pas accepté. On ne donne pas forcément de raisons. On parle à la rigueur d’incompatibilité ; on invoque le 'seuil de tolérance'. En fait, on se sent menacé dans son petit bonheur, car on s’est installé dans un territoire de certitudes. À l’ouverture sur les autres, on préfère la méfiance. Cette hostilité à tout ce qui vient de l’étranger, quand elle est exaspérée, devient de la haine, l’ignorance et le manque d’information aidant. Le glissement vers le racisme affiché, vers le 'racisme militant', se fait aisément en des moments de crise socioéconomique et politique.
L’autre devient l’indésirable parce qu’il a le tort de renvoyer à la société où il est de passage une image où elle ne se reconnait pas. Le Noir aux États-Unis est l’image qui indispose une mentalité satisfaite et encombrée de préjugés. C’est une question de couleur de peau, de faciès ; une question d’apparence. L’autre est refoulé sur simple présentation de son visage. Tout l’irrationnel du racisme est là : la haine de l’Autre à partir d’une question d’épiderme.
Tahar Benjelloun, 'La xénophobie', dans Le Monde, Dossier et documents, 1978. Tahar Ben Jelloun est un écrivain, poète et peintre franco marocain, né le 1er décembre 1944 ou 1947 ou 1949, à Fès au Maroc. Il a été récompensé du prix Goncourt 1987 pour son roman 'La Nuit Sacrée'.
 
  Texte 72  
De quelle couleur sont les Blancs ?
Je le vois : blanc !
Le professeur Brunet me dit
Qu’il n’en a pas toujours été ainsi.
Qu’il trouva au Tchad le premier hominidé,
Ce préhumain qu’il appela Toumaï,
Notre ancêtre de 7 millions d’années.
Que le tout premier homme moderne exhumé
Était d’Ethiopie et vieux de 200 000 ans.
Il s’agit de l’Omo1, l’Africain premier,
Qui vécut sur site et se mit en mouvement.
Il y a 100 000 ans,
Il entra en Palestine et au Yémen,
En Israël, au Japon, en Asie entière.
En Afrique de l’Ouest, de l’autre côté,
Le Noir de taille plus petite, le Pygmée,
Gagna le Brésil par les courants d’Atlantique.
Et peupla de ses premiers hommes l’Amérique.
Il y a de 50 à 65 000 ans.
Il y a 50 000 ans,
l’Africain prolongea d’Asie en Australie,
À lui les iles Pacifique et Hawaï.
Enfin, il y a 40 000 ans,
Il entra en Europe depuis l’Asie,
Voilà, me dit Brunet,
Comment par des Noirs le monde a été peuplé,
Et cela pendant des milliers d’années,
Comment sont nés l’homme multicouleurs, le Blanc…
Ç’a commencé il y a 7 700 ans.
C’est la mélanine qui s’est mise au boulot, < br/> Selon l’ardeur du soleil pour teinter les peaux.
Alors, finalement,
De quelle couleur suis-je et sont les Blancs ?
À mon avis :
Nous sommes des Noirs qui avons blanchis.
 
JeF Pissard est un écrivain de France et de Navarre, né à Poitiers en 1954 ; il réside à Pau. De nouveaux ouvrages sont à son actif depuis 1987, année de son entrée en livres. Il est aussi éditeur numérique des Éditions Jerkbook Art et Essai/e. Il y publie notamment l’un de ses livres dont il a la préférence : 'Je t’aime Dieu non plus' sous-titré '70, Les turbulences d’une époque en province'.
 
Texte 71
POÈME 1 de David Pascaud ; à venir.
aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa
aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa
aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa
etc...
David Pascaud est un écrivain français, né à Châtellerault en 1971. Il a étudié l’histoire aux universités de Poitiers et de Iaroslavl en Russie. Enseignant d’histoire-géographie à Poitiers, il se passionne pour la littérature et les arts visuels. Son premier livre roman 'Araldus', paru aux Éditions Jerkbook Art et Essai/e, narrant la vie d’un petit seigneur de l’an 1000, fondateur de la ville de Châtellerault, connait un vif succès.
 
Texte 70
Évolution.
Du temps où nous vivions au fond des océans
les petits se faisaient dévorer par les grands.
Aujourd’hui que nous vivons sur terre
(parfois même un peu plus haut)
avec difficulté nous apprenons
à nous débarrasser des habitudes anciennes.
 
 Francis Combes, né en 1953 à Marvejols en Lozère, est un poète et éditeur français.
 
  Texte 69
Grand Dieu !,
Nulle, ta teinte noire sur l’homme, mon p’tit Dieu !
Après quelques siècles d’usage,
Sur de ces humains, taillant la route en voyages,
Elle a viré, par déficience de lumière,
Au rouge jaune blanc, créant le binz sur Terre.
Fils, t’aurait dû prendre de la Tollens,
La peinture qui tient en toutes circonstances !,
Nom de Dieu de Grand Dieu !!!
 
JeF Pissard, 'Réprimande là-haut', est un écrivain de France et de Navarre, né à Poitiers en 1954 ; il réside à Pau. De nouveaux ouvrages sont à son actif depuis 1987, année de son entrée en livres. Il est aussi éditeur numérique des Éditions Jerkbook Art et Essai/e. Il y publie notamment l’un de ses livres empreint d’humour sur les relations homme femme : 'L’Éducation conjugale'.
 
Texte 68
Blanc sans 'N'
Ça fait Blac !
Comme quoi sans Haine
On est tous égaux !!!
 
Anonyme. Nous avons trouvé ce court texte subtil sur Internet. Qui en est l’auteur ? Mystère et boule de gomme. En tout cas, chapeau ! Si c’est vous, faites-le savoir, sans déc'.
 
Texte 67 
Le capitaine Jonathan,
Étant âgé de dix-huit ans,
Capture un jour un pélican
Dans une ile d’Extrême-Orient.
Le pélican de Jonathan,
Au matin, pond un œuf tout blanc
Et il en sort un pélican
Lui ressemblant étonnamment.
Et ce deuxième pélican
Pond, à son tour, un œuf tout blanc
D’où sort, inévitablement,
Un autre qui en fait autant.
Cela peut durer très longtemps
Si l’on ne fait pas d’omelette avant.
 
Robert Desnos est un poète français, 1900-1945, mort du typhus au camp de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie, à peine libéré du joug de l’Allemagne nazie.
 
Texte 66
L’Étranger.
– Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ?
Ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?
– Je n’ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.
– Tes amis ?
– Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est
resté jusqu’à ce jour inconnu.
– Ta patrie ?
– J’ignore sous quelle latitude elle est située.
– La beauté ?
– Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
– L’or ?
– Je le hais comme vous haïssez Dieu.
– Eh ! Qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
– J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas…
là-bas… les merveilleux nuages !
 
Charles Baudelaire, poète français magnifique, né et mort à Paris, 1821-1867.  
 
 Texte 65
Chanson pie.
Il était noir,
Elle était blanche,
L’amour chantait malgré la loi
Sur la porte de leurs cinq doigts.
Mais une blanche
Vaut deux noires
Pour qui connait bien la musique,
L’histoire et la métaphysique.
À mort le Noir !
À mort la Blanche !
Du goudron pour qu’on la tartine !
Lui, roulez-le dans la farine…
Elle devint noire,
Il devint blanc.
Et ils trouvèrent que c’était mieux
Tandis qu’on les jetait au feu…
Il était noir,
Elle était blanche…
Que voulez-vous que je vous dise ?
Il n’en resta que cendre grise. Il était noir,
Elle était blanche…
Pourquoi voulaient-ils, elle et lui,
Mélanger le jour et la nuit ?
Hervé Bazin est un écrivain et romancier français, 1911-1996. Surtout connu pour ses romans, il a également publié de nombreux poèmes. Celui-ci a été mis en musique par Van Parys et chanté par Mouloudji.

Texte 64
Allez allez
Ne ramenez pas tant votre science,
Tout le monde ne peut pas tuer tout le monde,
Croyez-en ma vieille expérience.
Alors,
Tout saccagé qu'il est,
Le Grand Bal du Printemps
Peut-être
Ne fait que commencer
Jacques Prévert est un poète, scénariste, parolier et artiste français, 1900-1977. Il devint populaire grâce à son langage familier et à ses jeux sur les mots. Il écrivit 'Étranges étrangers' au sortir de la Seconde Guerre mondiale, époque où la France recourait à une main-d'œuvre étrangère après avoir utilisé les 'cobayes des colonies' comme soldats et où déferlait une vague xénophobe.

Texte 63
Invictus Dans les ténèbres qui m'enserrent, Noires comme un puits où l'on se noie, Je rends grâce aux dieux, quels qu'ils soient, Pour mon âme invincible et fière. Dans de cruelles circonstances, Je n'ai ni gémi ni pleuré, Meurtri par cette existence. Je suis debout, bien que blessé. En ce lieu de colère et de pleurs, Se profile l'ombre de la Mort. Je ne sais ce que me réserve le sort, Mais je suis, et je resterai sans peur. Aussi étroit soit le chemin, Nombreux, les châtiments infâmes, Je suis le maitre de mon destin, Je suis le capitaine de mon âme.William Ernest Henley est un poète, critique littéraire et éditeur britannique, 1849-1903. Il est principalement connu pour son poème 'Invictus'. C'est le poème préféré de Nelson Mandela.

Texte 62
Apartheid.
Je vous comprends si bien, mes frères  
Dans les méandres de l’Histoire,
Tant d’hommes se sont fait la guerre,
Pour un caillou.…Un peu de gloire.…
Vous avez cru à l’Amérique,
Champs de coton où vos peaux noires,
Dans ce pays démocratique,
Avaient le ton du désespoir.
Dans vos églises pathétiques,
Où vous chantiez, on pouvait voir
Oui, même là, dans vos musiques,
Des notes blanches et des noires.
Si vous avez vécu l’enfer
Les troquets blancs…les regards noirs…
Sachez bien qu’au vent du désert,
La poudre est blanche et l’or est noir
Dans cet univers utopique,
Vous trouverez, j’ose le croire,
Un fétu d’amour authentique
Qui consolera vos mémoires.
Cypora Sebagh. Nous savons d'elle qu'elle est née en 1957. Elle publie sa poésie sur les sites Internet. Cypora Sebagh, si vous vous remarquez ici, faites signe et dites-en plus sur vous.

 Texte 61
Un musulman, un chrétien, un juif et un athée entrent dans un café.…
Ils s'assoient ensemble, discutent, rient et deviennent potes.
Ce n'est pas une blague.
C'est ce qui arrive quand on n'est pas un imbécile
Anonyme. Poème libre, anonyme, remarqué sur Internet. Si l'auteur se remarque ici, sérieusement, qu'il se fasse connaitre pour la rédaction de quelques lignes de présentation. 
 
  ▶ Texte 60
« Je sais que je suis raciste, peut-être même envers plusieurs groupes. Je le regrette ; je préfèrerais dire que je ne suis pas d’accord avec certains groupes et, pourtant, il m’arrive d’avoir des accès jubilatoires quand des ennuis arrivent à un des groupes vis-à-vis desquels je me considère raciste. Je sais aussi que je ne voterais jamais pour un parti, nationaliste par exemple, qui aurait le moindre relent raciste. Je suis contre le racisme. Je sais encore que je ne suis pas excentrique ; je me considère dans la moyenne des gens. Je suis également un scientifique et non un rêveur. Mes convictions que le racisme est quasi universel sont donc basées sur une interprétation de recherches fiables et cohérentes. Cette interprétation n’est pas farfelue, même si nombre de collègues ne l’acceptent pas publiquement. Comme mes collègues, j’espère la disparition du racisme, mais nous différons sur les moyens à employer. J’écris ce livre avec la conviction que les conséquences les plus néfastes du racisme disparaitront ou diminueront si l’on accepte tout d’abord ce côté nauséabond de notre personne. Se battre contre ce que l’on ignore ou occulte est totalement vain. Améliorer ses faiblesses commande qu’à tout le moins on soit conscient de ses déficiences ».
 
Jacques-Philippe Leyens. Extrait de 'Sommes-nous tous racistes, psychologie des racismes ordinaires'. Jacques Philippe Leyens, 1942-2017, a été professeur émérite à L’Université Catholique de Louvain, en Belgique. Il a reçu, en 2002, la plus grande distinction européenne en psychologie sociale, le prix Henri Tajfel, pour la qualité de ses travaux. Il a beaucoup publié.

 Texte 59
Le racisme.
Le racisme est aussi dévastateur qu’un séisme,
Il se propage à la vitesse du guépard,
Et quand il vous pique avec son dard,
Ça fait mal et l’on est triste,
Puis après, on suit sa piste.
On fouille, on regarde, et quand on l’a trouvé,
On va vers lui et avant qu’il puisse frapper,
On lui parle, on essaye de lui expliquer,
Qu’au lieu de vouloir dire inégalité,
Sa définition pourrait être tendresse et amitié.
Mais s’il ne désire pas changer,
Alors tant pis pour lui, il sera capturé,
Car il exprime la terreur, et beaucoup en ont peur.
Il a l’apparence d’un méchant, d’un bagarreur,
Qui n’arrivera peut-être jamais à calmer sa fureur.
Mais heureusement, il y a les hommes de bien,
Qui prennent toujours le dessus,
Quand ils arrivent, c’est bientôt la fin.
Je sais qu’avec eux, je ne serai jamais déçu,
Mais pour le moment, on ne les a pas beaucoup vus.
 
Anonyme. Poème, empreint de fraicheur, remarqué sur Internet. Si le poète, au féminin ou au masculin, de ce texte, reconnait ses vers, qu’il se fasse connaitre, que nous célébrions son nom.
 
Texte 58  
Besoin de scotch.
Donnez-moi un petit bout de scotch,
Pour recoller les morceaux de mon cœur.
Donnez-moi un grand coup de scotch,
Pour anesthésier le tourment de mon cœur.
Ô doux leurre de l’amour fraternel,
Sempiternel.
Leur désamour me scotche.
Qu’on me redonne du scotch !
 
JeF Pissard est un écrivain de France et de Navarre, né à Poitiers en 1954 il réside à Pau. De nouveaux ouvrages sont à son actif depuis 1987, année de son entrée en livres. Il est aussi éditeur numérique des Éditions Jerkbook Art et Essai/e. Il y publie notamment l'’n de ses livres dont il a la préférence '70, Les turbulences d'une époque en province'.
 
 Texte 57
POÈME 2 de David Pasacaus ; à venir.
aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa
aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa
etc...
David Pascaud est un écrivain Français, né à Châtellerault en 1971. Il a étudié l’histoire aux universités de Poitiers et de Iaroslavl en Russie. Enseignant d’histoire-géographie à Poitiers, il se passionne pour la littérature et les arts visuels. Son premier livre roman 'Araldus', paru aux Éditions Jerkbook Art et Essai/e, narrant la vie d'’n petit seigneur de l'’n 1000, fondateur de la ville de Châtellerault, connait un vif succès.

  Texte 56
Cher frère blanc,
Quand je suis né, j’étais noir,
Quand j’ai grandi, j’étais noir,
Quand je suis au soleil, je suis noir,
Quand je suis malade, je suis noir,
Quand je mourrai, je serai noir.
Tandis que toi, homme blanc,
Quand tu es né, tu étais rose,
Quand tu as grandi, tu étais blanc,
Quand tu vas au soleil, tu es rouge,
Quand tu as froid, tu es bleu,
Quand tu as peur, tu es vert,
Quand tu es malade, tu es jaune,
Quand tu mourras, tu seras gris.
Alors, de nous deux,
Qui est l’homme de couleur ?
>
Léopold Sédar Senghor, 1906-2001, est un poète, écrivain, homme d'État français, puis sénégalais et premier président de la République du Sénégal (1960-1980) et il fut aussi le premier Africain à siéger à l'Académie française. Il a également été ministre en France avant l'indépendance de son pays.

  Texte 55
Ah bon, je suis noire ?!   
Pendant longtemps, je n'ai pas vraiment su que j'étais noire. Je sais, c'est étrange de dire cela   quand on me voit, c'est évident. Mais je me souviens qu'enfant, je répondais aux personnes qui me disaient noire   «Mais non, je suis marron et toi, t'es beige   Tout le monde croit que le racisme est un truc de méchant, une idée si grossière, si haineuse que personne n'est dupe quand elle se manifeste. Pourtant, le racisme le plus diffus et le mieux accepté se niche dans notre quotidien et s'exprime à travers les situations les plus ordinaires.
Rokhaya Diallo, née en 1978 à Paris, est une militante associative française, journaliste, réalisatrice et écrivain dont l'action s'inscrit dans la lutte contre le racisme, 'les préjugés ethno-raciaux' et contre la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques françaises. Elle est l'auteure de plusieurs essais, comme 'Racisme : mode d'emploi', 'Comment parler de la laïcité aux enfants'. Elle a aussi réalisé plusieurs documentaires parmi lesquels 'Les Marches de la liberté' ou 'De Paris à Ferguson : coupables d'être noirs'.

Texte 54
Dans la peau d'un Noir.
[ Un écrivain s'’st transformé en Noir, le temps d’une expérience dans le sud des Etats-Unis.
« Je pris Chartres Street, dans le quartier français, et me dirigeai vers Brennan'’, un des restaurants réputés de la Nouvelle-Orléans. Dans un moment de distraction, je m'arrêtai pour compulser le menu qui était artistiquement mis en évidence dans la devanture. Je lisais, sachant que quelques jours auparavant j'aurais pu entrer et commander tous les plats que j'aurais voulus. Mais maintenant, tout en étant la même personne, avec le même appétit et les mêmes goûts et jusqu'au même portefeuille, aucun pouvoir au monde ne pouvait me faire entrer dans cet endroit et y prendre un repas. Je me souvins d'avoir entendu un Noir dire   « Vous pouvez vivre ici toute votre vie, mais vous n'entrerez jamais dans un des grands restaurants, sauf comme garçon de cuisine   C'est monnaie courante pour un Noir de rêver de choses dont il n'est séparé que par une porte, sachant qu'il ne les connaitra jamais. Je déchiffrai le menu avec attention, oubliant qu'un Noir ne fait pas une chose pareille. C'est trop poignant, comme le petit garçon les yeux écarquillés devant la vitrine du confiseur. Cela pourrait impressionner les touristes. Je levai les yeux pour voir les froncements de sourcils désapprobateurs qui peuvent tout exprimer sans que l’on ait besoin de paroles. Les Noirs apprennent à connaitre par cœur ce silencieux langage. Grâce au regard désapprobateur et irrité de l'Homme blanc, il sait qu’il sait qu'il doit passer son chemin, qu'il a dépassé la mesure.
John-oward Griffin, 1920-1980, est un journaliste et écrivain américain, réputé pour son combat contre les discriminations raciales dans son pays. Il s'est surtout illustré avec son livre 'Dans la peau d'un Noir', écrit à la suite de son expérience de la ségrégation raciale dans le sud des États-Unis en 1959. Pour cet ouvrage il a reçu le prix 'Saturday Review Anisfield Wolf' en 1962.

  Texte 53
Étranger,
Ton Christ est juif
Ta voiture est japonaise
Ta pizza est italienne
Et ton couscous est algérien
Ta démocratie est grecque
Ton café est brésilien
Ta montre est suisse
Ta chemise est indienne
Ta radio est coréenne
Tes vacances sont turques,
Tunisiennes ou marocaines
Tes chiffres sont arabes
Ton écriture est latine<
Et... tu reproches à ton voisin
D'être étranger  ? 
Jules Beaucarne, est un artiste belge né en 1936 à Bruxelles. C'est un poète, conteur, écrivain, sculpteur, comédien, chanteur, chantant en français et en wallon. 
 
Texte 52
Banzaï !
Pour combattre le racisme,
Fais-toi PANDA
Il est blanc,
Il est noir,
Il est asiatique,
Et il est gros !!
 
Anonyme (arrangé JeF Pissard)
 
  Texte 51
Le petit lapin noir.
II est tout malheureux, le petit lapin noir
Que sa blanche maman, ce soir, a rejeté
De la communauté.
Pas de lapin noir
Chez les lapins blancs,
C’est clair, mon enfant ?
Bonsoir !
Et on lui claque au nez la porte.
Il est jeune, il fait froid, qu’importe.
Rien ne sert ici d’insister,
II faut patte blanche montrer.
Alors, le petit lapin noir,
Dans un extrême désespoir,
Mais n’ayant pas de carabine,
Va se noyer dans la farine.
La neige, en rafale, soudain,
Hélas, lui bloque le chemin
Du moulin.
Quel destin,
Dieu, quel destin, petit lapin !
Lors, toute la nuit, il attend,
Et le lendemain, au matin,
Quand sa maman le voit dans son beau manteau blanc
Et qu’il n’est plus question de le laisser dehors,
Le petit lapin noir, vraiment, est bien content,
Bien que mort.
 
Michel Deville. Né en 1931 à Boulogne-sur-Mer, Michel Deville est connu avant tout en tant que cinéaste, pour les comédies qu’il a réalisées au cinéma comme 'Adorable menteuse', avec Marina Vlady (1963). Mais il a aussi publié des recueils de poèmes : 'Poèmes zinopinés' (1972), 'Poèmes zinadvertants' (1982) et 'Poèmes zimpromptus' (1985).
 
 Texte 50 
L’homme qui te ressemble.
J’ai frappé à ta porte,
J’ai frappé à ton cœur,
Pour avoir bon lit,
Pour avoir bon feu,
Pourquoi me repousser ?
Ouvre-moi mon frère !….
Pourquoi me demander
Si je suis d’Afrique,
Si je suis d’Amérique,
Si je suis d’Asie,
Si je suis d’Europe ?
Ouvre-moi mon frère !….
Pourquoi me demander
La longueur de mon nez,
L’épaisseur de ma bouche,
La couleur de ma peau,
Et le nom de mes dieux ?
Ouvre-moi mon frère !….
Je ne suis pas un noir,
Je ne suis pas un rouge,
Je ne suis pas un jaune,
Je ne suis pas un blanc,
Mais je ne suis qu’un homme.
Ouvre-moi mon frère !
 
René Philombé, nom de plume de Philippe-Louis Ombedé, 1930-2001 est un écrivain, journaliste, poète, romancier et dramaturge camerounais ayant écrit surtout en français.
 
  Texte 49 
Texte Amérindien.
« Il parait qu’autrefois nous étions civilisés et instruits…
Nous savions parler aux arbres et à toutes les plantes, au peuple ailé,
Aux quadrupèdes, aux êtres rampants, aux mammifères et au peuple des poissons.
De plus, nous étions capables de communiquer entre nous…
Nous formions un seul et même esprit.
C’est ce qu’on appelle être civilisé, ou instruit.
Et puis nous nous sommes éloignés de cette connaissance
Pour devenir ce que nous sommes… »
 
Black Elk, en français Wapiti Noir, 1863-1950, est un docteur et homme sacré de la tribu des indiens Lakotas. Il fut un petit-cousin du célèbre chef indien Crazy Horse.
 
 Texte 48
Le sang.
« Oui, il existe plusieurs groupes sanguins différents : ils sont au nombre de quatre, A, B, O et AB. Le groupe O est donneur universel. Le groupe AB est receveur universel. Cela n’a rien à voir avec une question de supériorité ou d’infertilité. Les différences sont dans la culture – la langue, les coutumes, les rites, la cuisine, etc. Souviens-toi c’est Tam, l’amie vietnamienne de ta maman, qui lui a donné du sang, alors que ta maman est marocaine. Elles ont le même groupe sanguin. Et pourtant elles sont de cultures différentes et n’ont pas la même couleur de peau. »
 
Tahar Benjelloum, Le racisme expliqué à ma fille (Maroc). Tahar Ben Jelloun est un écrivain, poète et peintre franco marocain, né le 1er décembre 1944 ou 1947 ou 1949, à Fès au Maroc. Il a été récompensé du prix Goncourt 1987 pour son roman 'La Nuit Sacrée'.
 
  Texte 47
Portrait de l’autre.
L’Autre :
Celui d’en face, ou d’à côté,
Qui parle une autre langue
Qui a une autre couleur,
Et même une autre odeur
Si on cherche bien…
L’Autre :
Celui qui ne porte pas l’uniforme
Des bien élevés,
Ni les idées
Des bien-pensant,
Qui n’a pas peur d’avouer
Qu’il a peur…
L’Autre :
Celui à qui tu ne donnerais pas trois sous
Des-fois-qu’il-irait-les-boire,
Celui qui ne lit pas les mêmes bibles,
Qui n’apprend pas les mêmes refrains…
L’Autre :
N’est pas nécessairement menteur, hypocrite,
Vaniteux, égoïste, ambitieux, jaloux, lâche,
Cynique, grossier, sale, cruel…
Puisque, pour Lui, l’AUTRE…
C’est Toi
 
Robert Gélis est un poète, conteur et nouvelliste français né en 1938. Il a publié des recueils de poésies : 'Poèmes à tu et à toi', 'En faisant des galipoètes'… et des contes 'Histoires et contes du loup-phoque'… d’humour et d’humanité.
 
  Texte 46
Je veux être raciste !
| Texte ironique |
Ça doit être génial d’être raciste. Franchement, j’aimerais bien l’être. Je rigole pas. Parce que quand t’es raciste, tu sais toujours qui est le coupable et pourquoi se fatiguer à chercher, ce sont toujours les mêmes.
Quand t’es raciste, tu te sens super intelligent car tu trouves des solutions super-simples aux problèmes complexes. Yaka couler les bateaux, tous les renvoyer chez eux, interdire l’Islam au nom de la liberté d’expression. Et zou, c’est réglé. Ô toi le raciste, comme je t’envie tes belles évidences tranquilles alors que je gaspille mon temps à douter de tout.
Quand t’es raciste, tu trouves le moyen d’avoir raison chaque jour. T’es un peu déçu quand c’est un belge-catho-blanc qui a braqué Mémé, mais tu trouves vite une occasion de te consoler.
Quand t’es raciste, t’es un vrai résistant et ceux qui pensent pas comme toi sont soit des bisounours soit des bobos, soit des collabos, alors que toi, tu es extra-fort et puissant. Y a plus qu’à passer à l’action.
Quand t’es raciste, tu es un homme, un vrai, parce que tu sais ce qu’il faut faire alors que les hommes politiques n’ont pas de couilles. Et puis quand t’es raciste, t’es aussi voyant extra lucide car tu connais l’avenir de l’Europe si ON ne fait rien très vite. Alors que moi, j’arrive pas à prédire le temps qu’il fera demain même après avoir lu la météo.
Ce qui est formidable dans la vie d’un raciste, c’est que tu peux être à la fois raciste et victime du racisme. Rien ne t’empêche de faire partie d’une minorité et d’en maudire une autre. Qu’est-ce que ça doit défouler.
Quand t’es raciste, tu connais pas la honte car tu dis tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Et c’est là qu’on voit que t’es vraiment costaud, parce que moi, je sais pas ce que les autres pensent et j’aimerais bien avoir aussi ce super pouvoir.
Quand t’es raciste, tu dois jamais te poser les questions qui font mal vu que quand quelque chose va de travers, c’est forcément quelqu’un d’autre qui doit changer et pas toi. Ça, ce sont de vraies vacances.
Et puis t’es pas raciste, t’es islamophobe et ça c’est plus fort que fort. Parce qu’une phobie, c’est une névrose caractérisée par une peur irraisonnée et incontrôlable d’un danger inexistant. Je t’envie trop parce que moi, mes désordres mentaux, je fais tout ce que je peux pour pas trop les montrer alors que toi tu réussis à en faire un drapeau.
Quand t’es raciste, la vie est simple parce que tu peux mettre tous les groupes dans le même sac sans te sentir affreusement con alors que moi, dès que je fais une simple généralité je me trouve débile.
Aidez-moi les gars, je cherche un groupe ethnique à haïr. Ouvert à toute proposition. Et si toi aussi, tu voudrais devenir raciste mais que tu y arrives pas, partage !
 
Philippe Dylewski. Il semble que Philippe Dyleswski soit un directeur d’agence de détective privé, s’adonnant à l’écriture.
 
Texte 45 
Dupont !
C’est pas parce que tu as trois ou
Quatre générations en tout
Bien empilées dans ta valise,
Bien tatouées sous ta chemise,
C’est pas parce que tu t’appelles Dupont
Que tu en as plus dans le pantalon…
Moi, j’en connais des Arturo,
Des Isaac, des Hidalgo,
Des petits Français de gouttière,
Des gentils gaulois de barrière
Qui te valent, pauvre franchouillot !
C’est bien parce que je m’appelais Tachdjian
Que cet enfoiré d’enseignant
M’a fait rerépéter mon nom
En travers, en large et en long,
J’avais onze ans, c’était la nuit,
J’y repense encore aujourd’hui…
Je le jure sur toutes vos races,
Je vous jure que c’est dégueulasse, < br/> Je souhaite à cet instituteur
Que sa fille perde sa candeur
Avec le nègre d’en face !
Si tu savais comme je serais bien,
En plus d’être un peu arménien,
Si j’étais également arabe,
Juif allemand avec une barbe,
Enfin bref un de ces métèques
Qui te piquent ta femme et ton steak…
Dors tranquille, mon pauvre Dupont,
Sur tes deux oreilles, sur ton nom,
Personne ne songe vraiment
À t’arracher les ongles et les dents
À part ton vieil ami Durand !
 
Henri Tachan, dit Henri Tachan, né en 1939 à Moulins, est un auteur-compositeur-interprète français.
 
Texte 44
Ce n’est qu’au jeu de cartes
Que les couleurs m’importent.
Ou au jardin
Pour commenter les parfums.
Ou avec mes chats
Pour commenter leurs noms.
Avec les humains
Je suis daltonien.
 
Michel Besnier est un poète et romancier français né à Cherbourg en 1945.
 
Texte 43 
Pas raciste, la mort !
Après cinq minutes, l’encéphale dégénère.
Relâchement des muscles et des sphincters,
Provoquant l’excrétion de l’urine et des matières.
Le corps encore tiède est d’une cireuse pâleur.
Il devient rigide au bout de cinq heures.
Des taches rouges apparaissent après vingt-quatre heures.
Le corps ne cesse de se putrifier et d’exhaler.
La peau devient parchemin sur les os, prête à crever.
Les ongles, les poils, les cheveux, finissent par tomber.
Les organes se délitent en ketchup mayo, en interne,
Remplissant un temps le crâne, le thorax, l’abdomen.
Plus de cœur en six mois, et plus de foie en trois semaines.
Les graisses glissent et pendent sur les bords de la bière.
Les liquides corporels et leurs sels vont à la terre.
Cinq mille litres de gaz emplissent l’atmosphère.
Le corps n’est plus qu’un squelette au bout d’un an,
Auquel tiennent encore des bribes de ligaments.
La désunion des os demande, elle, quatre à cinq ans.
Voilà, oui je sais, c’est ragoutant.
Mais c’est le lot de la mort qui prend le même temps,
Pour les Noirs, les Rouges, les Jaunes, les Blancs.
Alors raciste, la mort ! ? Ah ça non !
 
JeF Pissard est un écrivain de France et de Navarre, né à Poitiers en 1954 ; il réside à Pau. De nouveaux ouvrages sont à son actif depuis 1987, année de son entrée en livres. Il est aussi éditeur numérique des Éditions Jerkbook Art et Essai/e. Il y publie notamment l’un de ses livres dont il a la préférence : '70, Les turbulences d’une époque en province'.
 
Texte 42 
POÈME 3 de David Pascaud ; à venir.
aaaaaaaaaaaaaaa
aaaaaaaaaaaaaaa
etc
Abcdefghijklmnopqrstuvwxyz
Abcdefghijklmnopqrstuvwxyz
Etc...
 
David Pascaud est un écrivain Français, né à Châtellerault en 1971. Il a étudié l’histoire aux universités de Poitiers et de Iaroslavl en Russie. Enseignant d’histoire-géographie à Poitiers, il se passionne pour la littérature et les arts visuels. Son premier livre roman 'Araldus', paru aux Éditions Jerkbook Art et Essai/e, narrant la vie d’un petit seigneur de l’an 1000, fondateur de la ville de Châtellerault, connait un vif succès.
 
Texte 41 
Aux Martiens !
Dis, sont-ils verts ?
Espérons qu’ils soient verts.
Qu’ils laissent entrer les navigants de la Terre
Pour qu’ils exploitent leurs terres.
Nous allons reconquérir.
Et ils vont souffrir.
Nous allons être sur leurs dos.
Nous ne leur ferons pas de cadeaux.
Attention, les Martiens !
Attention aux Terriens !
Ils l’ont déjà fait !
 
Neoo3 (retouché JeF Pissard). Neoo3 est un poète moderne du Net. Il publie des texte sur Internet sans qu’on ne sache qui il ou elle est vraiment.
 
Texte 40  
Je vois des gouttes sur la fenêtre,
Chacune n’en fait qu’à sa tête,
Si différentes mais pourtant si similaires,
Est-ce que sur Terre, il y a six mille airs ?
Mais chez toi qu’est-ce qui te gêne ?
Pourtant je respire le même oxygène,
Est-ce que moi ça me gêne que nos ADN
Partagent les mêmes gênes ?
Non, mais moi ça me gêne
Que d’autres comme toi partagent cette gêne.
Cœur, poumons, pieds, notre anatomie est la même.
Est-ce que de l’arc-en-ciel, les couleurs
Se demandent qui est la reine ?
Alors pourquoi penses-tu être supérieur
Parce que nos couleurs ne sont pas les mêmes ?
 
Yung Malick (légèrement retouché JeF Pissard. Yung Malick est un jeune réalisateur africain. Il fait aussi parfois dans la poésie. Témoin, ce texte trouvé sur Internet.
 
Texte 39
« L’intelligence prend fin où commence le racisme. Le racisme, c’est le vers qui ronge le fruit de l’intelligence, la rouille qui corrode et détruit la dignité de la personne. Le raciste, fait de peur et d’ignorance, traumatisé par le manque d’intelligence et d’estime de soi, et nourri par la haine de l’autre du fait d’un complexe d’infériorité profond et incoercible, est à la fois le danger et la victime : un danger pour les autres (l’enfer virtuel, ce n’est pas l’autre, c’est le racisme) et une victime de lui-même. Une victime qui devient le bourreau de l’autre. Prisonnier de ses préjugés, phobies et contradictions, le raciste n’aime pas la liberté car la liberté, c’est la diversité, la pluralité d’être et de choisir. Lui aussi – né du métissage d’un homme et d’une femme – a peur de choisir parmi la diversité des options, critères et modèles tout comme l’effraient la cohabitation, la communication et le rapport individuel aux autres. Devoir reconnaitre les différences l’angoisse tout comme le métissage – pureté ô combien audacieuse – l’épouvante. »
« Il y a certaines perversions de l’intelligence et de la société humaines contre lesquelles il est inutile de lutter ouvertement. La seule action positive est d’éduquer les enfants de telle manière que ces perversions leur paraissent inacceptables les moindres égarements. De toutes ces perversions, le racisme est sans doute la plus répugnante. »
 
Manuel-Martin Ramirez, textes déclaratifs. Manuel-Martin Ramirez, le président de l’association 'Presencia Gitana', à Madrid.
 
Texte 38  
Le racisme semble d’abord se caractériser par une antipathie accrue, une sensation de compétition plus violente entre mâles de race différente ; mais il a pour corolaire une augmentation du désir pour les femelles de l’autre race. Le véritable enjeu de la lutte raciale n’est ni économique, ni culturel, il est biologique et brutal : c’est la compétition pour le vagin des jeunes femmes. »
 
Michel Houellebecq, 'Plaforme', monologue de Robert le vieux raciste. Michel Houellebecq, né Michel Thomas à la Réunion, en 1956 (acte de naissance), ou en 1958 (selon lui), est un écrivain français. Poète, essayiste, romancier et réalisateur, il est l’un des auteurs contemporains de langue française les plus connus et traduits dans le monde. Il a reçu le prix Goncourt 2010 pour son livre 'La carte et le territoire'. Il a fait quelques apparitions remarquées en tant qu’acteur.
 
Texte 37 
[ … ]
Je te forcerai à te rendre !
Je brandirai l’étendard de nos différences,
Briserai la prison de tes obsessions,
Déchirerai les livres des interdits.
Ce sera le début de l’exil,
Vers ton avenir.
Je t’apprendrai les couleurs,
Du sang qui coule dans les cœurs,
La musique des amours cachés,
La beauté d’un échange,
Le temps d’un mélange !
Tu t’effondreras dans mes bras,
Me suppliera de toute refaire,
Pour effacer la honte,
D’avoir été inférieur à,
Toi-même !!!
 
Mick-Jhon (légèrement retouché JeF Pissard). Mick-Jhon publie des textes poétiques sur Internet.
 
Texte 36 
Humain à l’eau !
Moi humain Papou,
Primaire et pas vous ?
Si évoluer c’est ça,
Moi j’évolue pas pour un sou.
Moi parler des glaciers,
Si coulés, moi fâché,
Je saurai où te chercher
Quand comme moi tu seras perché.
Mais oui, retiens-moi bien,
Piercing tout comme les tiens,
Le même trou qu’à la couche d’ozone,
Je te le ferai, à l’étui pénien.
Mais vole, vole, voyage,
Fais-les tes reportages,
Mais pot de colle,
Crache loin dans votre bol de potage.
Dans votre monde de gotha,
Moi ? Je n’en voulais pas,
Évidemment que tu crois,
Mais on se tait quand on ne sait pas
Ta bouche, gros bêta,
Écoute, la nature est là
Ne vous étonnez pas,
Ça pue le coup d'État.
Humain à l’eau !
Humain à l’eau !
Mais petit modernisé,
Pourquoi tu me parles mal ?
Je respecte les Pygmées,
Donc respecte les Maassaï,
Je respecte ton terrier,
Respecte mes terres,
Je respecte les insectes,
Donc respecte les mammifères.
Je te l’explique encore,
Moi devoir définir,
Toi pas comprendre, < br/> Pas parler ou plutôt réfléchir ?
Le pauvre il faut l’aider,
Son pote il faut l’aider donc,
Déléguer au délégué,
Qui délèguera au délégué.
Imbécile, tais-le !
Même si, tais-le !
Trop risqué d’être écouté,
Même à telle, telle ou telle heure.
C’est un euphémisme,
Oui, je t’idéalise,
Et la culture de la bêtise
De ça, oui, je suis raciste.
Humain à l’eau !
Humain à l’eau !
Ça fait quatre fois que 'ton hélico passe,
Et tout le village a les boules,
Passez, passe, mais faites gaffe,
Si un jour il s’écroule.
Y’a pas de gang ou de police,
Nan, ce n’est pas la zone ici,
Les jaguars ne roulent pas,
Chez moi c’est l’Amazonie,
Ou c’était, pour ce qu’il en reste.
Mais garde-les tes arbustes,
Touche encore un poil à ma forêt,
Ton pénis, j’en ferai des buches,
Toi et toutes tes perruches,
Tes Christophe Colombus.
Trop tard pour les excuses,
Au nom du déluge,
3G, 4G ou déchet,
Oubliez G8, G20 ou j’ai chié,
Et j’ai bien caché.
Vous décidez de ça à notre insu,
Moi aussi j’aurais aimé être entendu,
Donc arrêtez de suite,
Vous êtes stupides ou quoi ?
Les études ne donnent aucune science infuse.
Humain à l’eau !
Humain à l’eau !
Humain à l’eau !
Humain à l’eau !
 
Stromae. Paul Van Haver, dit Stromae ou Paul, né en 1985 à Etterbeek, est un auteur-compositeur-interprète et producteur belge de hip-hop, de musique électronique et de chanson française originaire de Laeken, à Bruxelles.
 
Texte 35 
Quand le sang de tes veines
Retournera à la mer,
Et que la terre de tes os
Retournera dans le sol,
Alors peut-être
Te rappelleras-tu
Que cette terre
Ne t’appartient pas,
Mais que c’est toi
Qui appartient
À cette terre.
 
Inconnu. Poème indien.
 
Texte 34 
Ici,
Des pavillons,
Des pommes argentées.
Là-bas,
Des cases,
Des calbasses.
Ici,
Le froid,
La pluie.
Là-bas,
Le chaud,
Le soleil.
Ici,
Un bateau à moteur.
Là-bas,
Une pirogue à pagaies.
Ici,
Une forêt polluée.
Là-bas,
Une savane ensoleillée.
Ici,
Un cœur joyeux.
Là-bas,
Des gens heureux.
 
Cassandra Drouin est une poétesse du Net.
 
  Texte 33 
Ne décline pas de nom,
Pedigree,
Et curriculum vitae,
Ton pays,
Tes convictions,
Tes goûts et tes malheurs.
Si tu oses me dire
Que tu es un homme,
Viens t’assoir
Près de mon cœur,
Tout à droite.
 
 Malick Fall, 1920-1978, est un poète sénégalais, enseignant de formation. Il a été en service au ministère de l’information avant de devenir ambassadeur du Sénégal au Maroc, en Éthiopie, en Tunisie. Avant de faire paraitre son remarquable livre 'La plaie', il avait publié en 1964 un recueil de poèmes intitulé 'Reliefs'.
 
 Texte 32 
Va à l’étranger comme chez ton ami,
Et chez ton ami comme à l’étranger.
Depuis longtemps nos langues nous séparent,
Malgré les montagnes,
Les plaines,
Les rivières,
Que nous avons grimpées,
Traversées,
Longées.
Depuis longtemps nos dieux nous séparent,
Malgré le désert,
Le ciel,
La mer,
Que nous avons priés.
Le pommier est-il l’étranger du pin ?
L’oranger, celui du chêne ?
Le reflet du peuplier dans la rivière de Castille,
Est-il plus clair que celui du bouleau,
Dans un lac de Finlande ?
La neige qui tombe à Odense,
Au Danemark,
Le jour de Noël,
Est-elle plus blanche,
Que celle qui tombe des rêves du Touareg,
À Bamako,
Le jour de L’Aïd ?
La lune que je contemple ce soir,
Dans l’hémisphère nord,
Est-elle plus ronde,
Que celle qu’on ne voit pas ce soir,
Dans l’hémisphère sud ?
Depuis longtemps nos langues nous attirent,
Grâce aux pains,
Aux chants,
Que nous partageons,
Autour de la même table.
Et la main qui m’ouvre le chemin,
Dans ce pays où je me perds,
M’est plus proche,
Que celle qui menace,
Dans mon pays où l’on se perd,
Dès que de l’autre côté de la route,
Qui relie nos villages,
Nos quartiers,
Dans notre ville,
De notre pays,
Ils font de l’inconnu,
Un étranger.
Yvon Le Men, est un poète et écrivain français, né en 1953 en Bretagne. Son œuvre poétique comporte plus d’une trentaine d’ouvrages.
 
Texte 31 
Suis-je ou ne suis-je pas aux yeux de ces gens-là ?
Qu’ai-je fait pour être tant détesté/e ?
Qu’ai-je fait pour être tant rejeté/e ?
Suis-je ou ne suis-je pas aux yeux de ces gens-là ?
Ont-ils peur de mes idées ?
Ont-ils peur de partager ?
Ont-ils peur d’échanger ?
Ont-ils peur de la richesse ?
Est-ce là, vraiment un signe de sagesse ?
Suis-je ou ne suis-je pas aux yeux de ces gens-là ?
De mon corps, ils ne voient que les décors.
Pour eux, je suis : une religion, une nation, une couleur, et puis un pays !
Pourquoi me rejeter alors que j’ai tant à donner ?
Suis-je ou ne suis-je pas aux yeux de ces gens-là ?
 
Samira, 12 ans, 1er (exæquo) prix concours de poésie de Bruxelles. Une des belles découvertes textuelles sur Internet. Le titre du poème est 'Pourquoi le racisme ?'. Nous n’en savons pas plus sur ce concours et sur cette jeune et talentueuse Samira. En tout cas, grand bravo !
 
 Nous progressons, de texte en poésie, dans le déroulé de notre compilation titrée 'LE TOUR DU RACISME EN 80 TEXTES'. Et, AVERTISSEMENT !, nous nous sommes posé la question de savoir s’il fallait publier ici, un texte raciste d’une grande violence pour montrer de quoi il peut être question ! ? Vraiment !!! Nous allons donc en publier un, en début de la seconde partie, à suivre, de notre compilation. Il s’agit d’un texte d’un chef nazi pendant la dernière guerre mondiale. Attention, il est glaçant !!!
 

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